Le témoignage unique d’un pilote de la Seconde Guerre mondiale

Publié le par La Voix du Nord

Le témoignage unique d’un pilote de la Seconde Guerre mondiale

À l’invitation de la Société historique, Pierre-Antoine Courouble, conférencier de l’association Anciens Aérodromes, a présenté, au centre social des Cinq-Bonniers, son film sur Alfred Paravy, pilote en 1939-1945

Le témoignage unique d’un pilote de la Seconde Guerre mondiale
Le témoignage unique d’un pilote de la Seconde Guerre mondiale
Le témoignage unique d’un pilote de la Seconde Guerre mondiale

Alfred Paravy, pilote de combat lors de la Seconde Guerre mondiale, a commencé sa carrière en 1942 avec des avions à hélice, piloté les premiers avions à réaction dans les années 1950, avant de prendre sa retraite en 1967.

Alfred Paravy, pilote sur une base d’Afrique du Nord en 1942 au moment du débarquement américain, est ensuite parti un an en formation aux États-Unis puis a participé aux campagnes de France et d’Allemagne. Il y affronte les premiers avions à réaction allemands, plus rapides que les chasseurs conventionnels, mais aussi moins maniables. Après la guerre d’Indochine, de retour en France, il est nommé instructeur en école de chasse puis chef pilote, et il finit sa carrière comme pilote d’essais. C’était à lui d’évaluer des avions dont l’armée de l’air pensait faire l’acquisition et à en rédiger les manuels d’utilisation.

Une bombe explose sous son aile

Les avions de combat de la Seconde Guerre mondiale n’affichait pas la même fiabilité qu’aujourd’hui. Le moindre défaut de réglage de la part des mécanos pouvait être dramatique. Lors de son premier vol en solo aux États-Unis, Alfred Paravy a été victime d’une panne de moteur. L’hélice en croix immobile devant lui, il parvint quand même à atterrir. En pleine campagne d’Allemagne, une aile de son avion s’arrache au décollage sur piste provisoire en plaques de grillage qui engendraient de fortes vibrations sur le train d’atterrissage. Une bombe s’était détachée partiellement de sa fixation et avait explosé sous l’aile.

«  C’est le jour où j’ai failli y rester  », se souvient-il dans le film. Son récit est surprenant : «  J’entends une forte explosion, je regarde à droite, plus d’aile ! L’avion a quitté la piste sur le ventre et a pris feu. Je me suis éloigné en courant. Il y avait 8 bombes à bord. Avec la chaleur, une mitrailleuse s’est mise en route. Une mitrailleuse, ça tire 900 coups minute. Je me suis jeté à plat ventre, je savais qu’il n’y avait que 19 secondes de tir.  »

Alfred Paravy est décédé le 25 mai 2014. Le film de Pierre-Antoine Courouble a permis de conserver intacte l’émotion du récit d’un homme discret et malicieux de 90 ans.

Publié dans Articles de Presse

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