Jambert Christian

Publié le par Mémoires de Guerre

Christian Jambert, né le 26 novembre 1940 à Fourchambault dans la Nièvre et retrouvé mort le 4 août 1997 à Auxerre, est un gendarme français.

Jambert Christian
Jambert Christian
Jambert Christian

Il eut un rôle déterminant dans l'enquête de l'affaire des disparues de l'Yonne. Il est également connu bien malgré lui pour les circonstances troublantes dans lesquelles il fut retrouvé mort. Sept viols et assassinats ont été commis à Auxerre et aux environs entre 1975 et 1979 sur des jeunes femmes de la DDASS déficientes mentales légères âgées de 16 à 22 ans. Dès 1979, le gendarme Jambert, qui a enquêté sur l’affaire des disparues de l'Yonne, avait soupçonné Émile Louis d'être à l'origine de ces disparitions. Le 20 février 1980, il est chargé du dossier. En 1984, Christian Jambert demande au substitut au parquet d'Auxerre, Daniel Stilinovic, l'autorisation d'effectuer une enquête préliminaire sur les disparues. Son supérieur, le procureur de la république René Meyer, donne son accord. Daniel Stilinovic fut radié des cadres pour faute dans ce dossier mais finalement blanchi et mis en retraite anticipée.

En 1984, Christian Jambert adresse au parquet d'Auxerre un rapport qui met en cause Émile Louis et des réseaux proxénètes sado-masochistes de l'Yonne qui exploitent les filles de la DDASS. Le procureur de la République René Meyer n'ouvre pas d'information par manque de preuves mais demande informellement au gendarme de poursuivre l'enquête. Le rapport est égaré et ne sera retrouvé qu'en 1996. Émile Louis a finalement été arrêté, condamné en appel en 2006 à Paris à la réclusion à perpétuité avec 18 ans de sûreté et emprisonné jusqu'à sa mort en 2013. La contribution de Christian Jambert pour l'arrestation d’Émile Louis, a été unanimement reconnue par tous les intervenants du dossier. Lors du procès d'Émile Louis, il a été décrit par des gendarmes comme un « enquêteur hors pair, un modèle professionnel et une personnalité remarquable ».

Le 4 août 1997, le gendarme est retrouvé mort. Il se serait suicidé de deux balles dans la tête, deux jours pourtant avant son audition comme témoin principal dans l'affaire Émile Louis, l'enquête de sa vie qui allait enfin aboutir. Le dossier est refermé, jusqu’à ce qu’Isabelle, la fille de Christian Jambert, intriguée par les développements de l’affaire Émile Louis, se décide à demander une nouvelle enquête sur les « causes de la mort » de son père. En avril 2004, le parquet ouvre une information judiciaire contre X pour assassinat sur la base d’un premier rapport d’autopsie jugeant les deux impacts de balles peu compatibles avec un suicide. Lors de l'autopsie de la dépouille de Christian Jambert à l’Institut médico-légal de Paris, il a été constaté deux orifices présents sur le crâne du gendarme correspondant aux entrées de deux projectiles, tirés selon deux angles perpendiculaires.

En février 2011, un non-lieu est rendu sur sa mort. « Contrairement à ce qu’avait affirmé l’expert balistique d’un premier collège d’experts, la carabine retrouvée à proximité du corps, et dont le fonctionnement avait été modifié par Christian Jambert pour que l’arme puisse tirer en rafale, était bien celle qui avait tiré deux balles dont les fragments avaient été retrouvés dans le crâne de l’ancien gendarme », explique le procureur d’Auxerre. La famille du gendarme fait appel de cette décision qui est confirmée par la chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris en février 2012. La famille de Christian Jambert, par l'intermédiaire de son avocat, s'est pourvue en cassation.

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