Disparus d’Orvault : que peut-il advenir du fils de Lydie Troadec et Hubert Caouissin ?

Publié le par Hamza Hizzir

Disparus d’Orvault : que peut-il advenir du fils de Lydie Troadec et Hubert Caouissin ?

FAIT DIVERS –Le père, Hubert Caouissin, a avoué avoir commis les meurtres des quatre membres de la famille Troadec à Orvault. Il a été mis en examen pour "assassinat" et "atteinte à l’intégrité d’un cadavre". Sa mère, Lydie Troadec, est inculpée du "délit de modification de l’état des lieux d’un crime pour faire obstacle à la vérité" et "recel de cadavres". Qu’est-ce qui attend l’enfant de 8 ans, impliqué malgré lui dans cette terrible affaire ?

Disparus d’Orvault : que peut-il advenir du fils de Lydie Troadec et Hubert Caouissin ?

Le 17 février, au petit matin, dans sa chambre de la ferme de Pont-de-Buis-lès-Quimerch (Finistère), il a vu son père débouler. Quelques heures auparavant, Hubert Caouissin aurait tué (selon ses aveux aux enquêteurs), à coups de pied de biche, son beau-frère Pascal Troadec, sa belle-sœur Brigitte, et leurs deux enfants. 

Le suspect a raconté aux policiers qu’après l’assassinat, la première chose qu’il avait faite, en revenant à son domicile, a été d’en parler à son fils de 8 ans, avant même de l’apprendre à sa compagne, Lydie Troadec. "Tu verras, on va te dire que ton père est un monstre. Mais je vais t'expliquer et te dire la vérité...", aurait-il dit à l’enfant.

On ne connaît pas le nom de cet enfant, que ses parents avaient laissé seul, une fois endormi, la nuit suivante, pour aller effacer les traces de sang dans la maison d’Orvault, avant de transporter les corps jusqu’à la ferme. Un voisin ayant côtoyé le couple il y a quelques années à Plouguerneau, sollicité par LCI, nous a confié qu'"ils étaient plutôt avenants mais, presque du jour au lendemain, je ne sais pas trop pourquoi, Hubert a arrêté de me saluer. C'était un peu après la naissance du petit. L'enfant a des troubles mentaux, il ne va pas très bien, il a changé trois fois d'établissement." 

La famille déménage ensuite pour s’isoler à Pont-de-Buis. "Ils ont acheté la ferme il y a deux ans. Ils ne participaient à rien. Ils n'étaient pas du tout intégrés. Ils n'étaient pas inscrits sur les listes électorales. Le petit garçon était scolarisé à l'école ici la première année. On le sait par les factures de cantine. Mais l’an dernier, il ne l’était plus", a indiqué à l’AFP Roger Mellouë, le maire de la localité. 

Depuis le placement en détention de ses parents, les services de protection de l'enfance ont placé cet enfant en foyer. Sa grand-mère maternelle, c’est-à-dire la mère de Lydie et Pascal Troadec, ne désespère pas de pouvoir récupérer sa garde. 

"Aucun mauvais traitement avéré et aucune plainte ayant l'enfant pour victime"

Ce qui devrait se passer ? "Normalement, dans ce genre de cas, l'enfant est confié à la proche famille, sous contrôle de l'aide sociale à l'enfance... Il n'y a aucune raison qu'on retire l'enfant à sa grand-mère en l'état, sachant que la mise en examen de la mère porte sur une affaire sensible et à caractère familial. C’est le placement d'un enfant hors structure familiale qui est l'exception", explique à LCI une source policière.

Mise en examen pour "délit de modification de l’état des lieux d’un crime pour faire obstacle à la vérité" et "recel de cadavres", Lydie Troadec encourt, pour l’heure, une peine de trois ans de prison ferme, contrairement à Hubert Caouissin, qui risque la perpétuité. La mère pourrait-elle récupérer la garde de son fils à sa sortie ? "Oui, elle le pourra, auprès du juge des affaires familiales, car il n'y a aucun mauvais traitement avéré et aucune plainte ayant l'enfant pour victime", affirme cette même source. Qui précise tout de même : "En revanche, en cas de litige quant à la garde, le juge pourra trancher pour un placement provisoire en structure adaptée en attente de sa décision." 

Dans Le Télégramme, un professionnel du droit considère cependant comme "fort possible" qu'on retire l'enfant à la grand-mère. "Il peut être considéré comme étant en danger, compte tenu du drame dans lequel ses parents sont mêlés. Cela peut-être un danger physique mais aussi psychologique et il s'agit désormais de le protéger au mieux", argue-t-il. Pour cela, le parquet de Nantes, en charge de l'enquête, devrait saisir un juge des enfants pour qu'il statue sur l'avenir du petit garçon.

Notre source, elle, insiste : "L'intérêt de l'enfant est visé et l'intérêt de l'enfant, légalement, c'est d'être le moins déraciné possible, surtout à l'âge de 8 ans. Le juge ne voit la famille qu'au sens restreint du terme et les grands-parents, à compter du moment où ils ne sont pas mis en cause, sont très souvent considérés comme source familière d'équilibre afin d'éviter un éventuel déracinement. C'est essentiellement une affaire d'intime conviction. Il est bien normal qu'un juge statue mais la doctrine générale d'application va dans le sens d'un déracinement le moins abrupt possible. Le droit reconnaît la délicatesse d'une telle situation."

À titre d'exemple, dans l'affaire Grégory, la mineure d'âge Muriel Bole avait dénoncé son oncle mais n'avait pas fait l'objet d'une ordonnance de placement provisoire, ce qui avait choqué l'opinion. Malgré son accusation intra-familiale, elle avait été laissée à la charge des siens.

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