Guigou Élisabeth

Publié le par Mémoires de Guerre

Élisabeth Guiguou, née Vallier le 6 août 1946 à Marrakech (Maroc), est une femme politique française. Membre du Parti socialiste, elle a été plusieurs fois ministre. Elle a été la première femme nommée à la tête d'un ministère régalien en France lorsqu'elle est devenue garde des Sceaux, ministre de la Justice, en 1997. Elle est actuellement députée de Seine-Saint-Denis et préside la Commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale.

Guigou Élisabeth
Guigou Élisabeth
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Élisabeth Guigou s'est engagée en politique dès les années 1960 à la Convention des institutions républicaines, puis au PSU de Michel Rocard dans les années 1970 et enfin au PS à partir de 1973. Issue de la promotion Simone-Weil de l'ENA, elle entre au cabinet de Jacques Delors en 1982, avant de rejoindre celui de François Mitterrand à l’Élysée où elle est chargée des questions économiques et financières internationales. En 1986, outre ses fonctions à la présidence de la République, elle est nommée secrétaire générale du comité interministériel pour les questions économiques européennes. En 1988, elle est chargée par le président de la République de la coordination de la politique de la France à l'égard des pays de l'Est. Elle est membre du conseil politique de la « Fondation Agir contre l'exclusion » de Martine AubryÀ partir du 2 octobre 1990 et jusqu'en mars 1993, elle est nommée ministre déléguée aux Affaires européennes, où elle remplace Édith Cresson. Elle a de grandes responsabilités dans la rédaction, la négociation et la mise en place du traité de Maastricht. Lors de la campagne pour le référendum de ratification du traité à l'été 1992, elle parcourt la France et le grand public découvre cette nouvelle femme politique. Elle promet alors : « L'Europe ne vous enlèvera rien. Et surtout pas vos avantages sociaux. La monnaie unique permettra de nous protéger contre les effets des désordres monétaires internationaux et des récessions chez les autres ». Poussée par François Mitterrand, elle s'engage dans la campagne des régionales de 1992 en Provence-Alpes-Côte d'Azur, où elle conduit la liste dans le département de Vaucluse, la liste des Bouches-du-Rhône étant conduite par Bernard Tapie.

En 1994, elle fait la campagne des européennes, lors de laquelle elle est élue au Parlement européen. Elle devient présidente de la délégation socialiste française au Parlement européen et entre au Conseil national et au Bureau national du PS. Elle représente le Parlement européen à la Conférence intergouvernementale qui négocie le traité d'Amsterdam. En janvier 1996, elle entre au secrétariat national du PS, où elle est chargée des questions sociales par Lionel Jospin, 1er secrétaire. En 1997, elle est élue députée de Vaucluse. En juin 1997, elle est nommée garde des Sceaux puis en octobre 2000, ministre de l'Emploi et de la Solidarité dans le gouvernement Lionel Jospin. Au ministère de la Justice, elle affirme : « Le ministère de la Justice n'est plus celui des affaires, mais celui du droit ». Elle refuse d'intervenir dans les dossiers judiciaires individuels tout en conduisant une politique pénale autour de quelques grandes priorités : associer prévention-sanction-réinsertion contre la délinquance, respecter la présomption d'innocence, diminuer la surpopulation pénitentiaire et rénover les prisons, organiser le suivi social et judiciaire des délinquants sexuels.

Elle se bat contre la double peine et pour une meilleure indépendance de la Justice. Elle organise la fin du monopole des commissaires-priseurs sur les ventes publiques et la reforme de la carte judiciaire des tribunaux de commerce. À ce poste, elle défend aussi la parité en politique et fait réformer la Constitution en ce sens. Elle défend l'adoption du PACS et se prononce à cette occasion contre le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels. Elle fait faciliter les procédures de divorce. Elle fait aussi prévaloir les droits des jeunes issus de l'immigration mais nés en France, de devenir français automatiquement et se bat pour le droit de vote des étrangers non européens aux élections locales. Elle fait adopter une loi contre la corruption, et avec Dominique Strauss-Kahn la première liste des paradis fiscaux. Elle est élue « femme de l'année » par le Trombinoscope en 1999. Candidate aux élections municipales de mars 2001 à Avignon, elle est largement battue au second tour par Marie-Josée Roig, RPR, maire sortante. Elle décide alors de se présenter en Seine-Saint-Denis en 2002, où elle est élue députée de la neuvième circonscription de la Seine-Saint-Denis. Elle est réélue en 2007. En 2008, elle participe à la victoire du PS à la mairie de Noisy-le-Sec, dont elle devient maire-adjointe chargée de l'intercommunalité, mais des discordes dans la majorité municipale amènent à des élections anticipées en 2010 remportées par la droite.

Elle est présidente fondatrice et coprésidente avec Jean-Noël Jeanneney de l'association Europartenaires, son propre cercle patronal, et son lobby féministe Femmes d’Europe. En outre, elle siège au conseil d’administration de la fondation de Jacques Delors, Notre Europe. Elle a défendu le « oui » au référendum du 29 mai, avec bonheur dans sa fédération socialiste en 2004, mais sans succès envers ses électeurs l'année suivante. Élisabeth Guigou est aussi membre du conseil d'administration du think tank Les Amis de l'Europe. En 1990, elle entre au club Le Siècle. Elle copréside avec Abderahmane Hadj Nacer le comité de pilotage politique du Think Tank Ipemed qui se consacre à la coopération euro-méditerranéenne. Elle est encore membre de la Commission Trilatérale. Par ailleurs, depuis avril 2011, elle est membre d'honneur du Think tank « Des femmes au service de l'Homme », un Think Tank exclusivement féminin. Son nom circule pour être nommé chef de la diplomatie européenne mais celui de Catherine Ashton est retenu. Après la démission de la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie pour des propos maladroits et sa proximité avec le régime Ben Ali en Tunisie, Élisabeth Guigou est mise en cause pour sa proximité avec Aziz Miled, qui est alors vice-président du conseil de surveillance et l'un des financiers de l'Institut de prospective économique du monde méditerranéen (Ipemed), une association créée en 2006 parrainée par l'ancienne ministre de la Justice, dont son mari, Jean-Louis Guigou est alors délégué général. Elle en démissionne le lendemain.

Lors de l'investiture pour les élections législatives de 2012, la sixième circonscription a été réservée pour la parité par le PS. Sa circonscription étant remodelée lors du redécoupage électoral de 2009, elle se présente sur la nouvelle sixième circonscription, qui regroupe les deux villes Aubervilliers et Pantin, après s'être soumise au vote des militants. Après avoir été réélue, elle se déclare candidate à la présidence de l’Assemblée nationale, mais est devancée lors du vote interne au groupe socialiste par Claude Bartolone et Jean Glavany. Elle annonce en mars 2014 son intention de briguer la succession de Catherine Ashton au poste de Haut Représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité après les élections européennes de mai 2014. C'est finalement l'italienne Federica Mogherini qui est désignée. Elle est opposée à la GPA. Elle parraine la candidature de Benoît Hamon pour l'élection présidentielle de 2017. Candidate à sa réélection lors des élections législatives de 2017, elle est battue dès le premier tour . L'ex-députée PS confirme qu'elle « arrête la politique d’un point de vue électoral », après avoir été battue au premier tour au mois de juin alors qu'elle briguait un quatrième mandat. Mais cette prise de recul ne l'empêche pas de prendre part au débat sur l'avenir de sa famille politique.

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