Décès de Thierry Lévy, célèbre avocat pénaliste

Publié le par Sud Ouest

Décès de Thierry Lévy, célèbre avocat pénaliste

Cette figure singulière du barreau, qui a consacré une partie de sa vie au combat pour l’abolition de la prison, est décédé à l’âge de 72 ans.

Thierry Lévy en 2003 au tribunal correctionnel de Caen, pour y défendre Patrick Henry

Thierry Lévy en 2003 au tribunal correctionnel de Caen, pour y défendre Patrick Henry

L’avocat Thierry Lévy est décédé lundi à Paris à l’âge de 72 ans. Pénaliste intransigeant, il est en 1972 commis d’office pour assister Claude Buffet. Avec Roger Bontems, défendu par Robert Badinter, son client est accusé d’avoir assassiné deux otages à la prison de Clairvaux. 

 Les deux hommes sont condamnés à mort et exécutés le 28 novembre 1972. Thierry Lévy racontera au Figaro que ce matin-là, "seuls les suppliciés avaient le visage digne d’êtres humains. Nous autres avions tous des gueules d’assassins".

Il a défendu Patrick Henry

En 1999, il plaide pour des évadés de Clairvaux, dans une autre affaire de "belle" mortelle. Faisant du procès celui des très longues peines de prison, il arrache des condamnations moins lourdes que les réquisitions.

Plus tard, il défend aussi Patrick Henry, détenu depuis près de 40 ans pour le meurtre d’un enfant, après avoir symbolisé le combat pour l’abolition de la peine capitale.

Il militait pour l’abolition de la prison

Thierry Lévy, président de la section française de l’Observatoire international des prisons entre 2000 et 2004, a consacré une partie de sa vie et de ses nombreux écrits à ce qui était, pour lui, le combat d’après : l’abolition de la prison.

    "La prison est une peine qui n’est pas comprise par ceux qui la subissent, qui ne peut pas l’être. C’est une injustice qui s’ajoute aux injustices déjà accumulées lors de vies qui sont dès l’origine en difficulté." Thierry Lévy en 2016

Ces dernières années, l’avocat au visage émacié s’était trouvé un autre combat désespéré : contester la place toujours plus grande accordée aux victimes dans l’action judiciaire.

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