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James Norman Mattis, né le 8 septembre 1950 à Pullman (Washington), est un général américain issu du corps des Marines, en service entre 1969 et 2013. Il a notamment servi lors de la guerre du Golfe, de la guerre d’Afghanistan et de la guerre d'Irak où il commande la 1re division des Marines et la I Marine Expeditionary Force. Il occupe également plusieurs grands commandements au sein des Forces armées des États-Unis (United States Joint Forces Command, entre 2007 et 2010, United States Central Command, responsable des opérations militaires américaines au Moyen-Orient, Afrique du Nord et Asie centrale entre 2010 et 2013) et de l'OTAN (Commandement allié Transformation, de 2007 à 2009). En décembre 2016, le président élu Donald Trump annonce sa nomination comme secrétaire à la Défense des États-Unis, confirmée le 20 janvier 2017 par le Sénat par 98 voix pour et 1 voix contre.

Mattis James
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James Mattis est né le 8 septembre 1950 à Pullman dans l'État de Washington. Il sort diplômé de la Columbia High School (en) de Richland (Washington) en 1968 et s'engage l'année suivante à 19 ans dans l'United States Marine Corps. Plus tard , il obtient un BA en histoire à la Central Washington University et il est nommé au grade de second lieutenant dans le ROTC le 1er janvier 1972. Mattis est également diplômé de l'US Marine Corps Amphibious Warfare School, de l'US Marine Corps Command and Staff College, et du National War College. Considéré comme un intellectuel dans les rangs de l'armée, Mattis est connu pour son intérêt de l'histoire militaire et de l'histoire globale. Il dispose d'une bibliothèque personnelle de plus de 7 000 volumes, et impose des listes de lecture aux Marines sous son commandement. Il a également toujours avec lui un exemplaire des Pensées pour moi-même de Marc Aurèle lors de ses déploiements. Le major-général Robert H. Scales, l'a décrit comme « [...] l' un des hommes les plus courtois et polis que je connaisn». Mattis est célibataire ; il ne s'est jamais marié et n'a pas d'enfants. Il est surnommé « Le Moine Guerrier » à cause de sa vie de garçon et de son dévouement à l'étude de la guerre. Il est connu pour sa rigueur intellectuelle qu'il instille à ses Marines, et il exige de ses derniers qu'ils se familiarisent de la culture et de l'histoire des régions du monde où ils sont déployés. Avant de se déployer en Irak, Mattis a notamment organiser une formation de sensibilisation culturelle pour ses Marines. Surnommé également le « chien fou », il est connu pour certains de ces commentaires polémiques notamment quand il affirme en 2005 trouver « sympa de tirer sur des gens [qui battent leurs femmes].

En tant que lieutenant, Mattis sert comme commandant de peloton dans la 3e division des Marines, puis en tant que capitaine, il est affecté à la Naval Academy Preparatory School (en). Il est ensuite nommé major et sert dans le Marine Corps Recruiting Command à Portland. Après avoir été promu au grade de lieutenant-colonel, Mattis commande le 1er bataillon, 7e régiment de Marines, une des bataillons d'assaut de la Task Force Ripper pendant la guerre du Golfe. En tant que colonel, Mattis commande le 7e régiment de Marines. Il dirige la 1re brigade expéditionnaire des Marines (en) en tant que commandant avant sa promotion comme Brigadier général. Au cours de la planification initiale de la Guerre en Afghanistan, Mattis dirige la Force opérationnelle  dans les opérations au sud du pays, devenant ainsi le premier officier du corps des Marines à avoir jamais commandé une force opérationnelle navale au combat. Lors de son service en Afghanistan, son commandement et sa présence sur le terrain sont reconnus et appréciés par ses hommes. En tant que major-général, Mattis commande la 1re division des Marines au cours de l'opération Liberté irakienne en 2003 et les opérations de stabilisation ultérieures au cours de la Guerre d'Irak.

Mattis joue un rôle clé dans les opérations de combat à Falloujah, y compris la négociation avec les insurgés pendant la Première bataille de Falloujah en avril 2004, ainsi que dans la participation à la planification de la Deuxième bataille de Falloujah en novembre. En mai 2004, Mattis ordonne 3 heures de bombardement sur une maison près de la frontière syrienne suspectée d'abriter l'ennemi. Cette action est connue comme le Mukaradeeb wedding party massacre, et entraîne la mort de 42 civils, hommes, femmes et enfants qui assistaient à une célébration de mariage. Mattis déclare qu'il lui a fallu 30 secondes pour prendre la décision de bombarder l'endroit. Il déclare également dans un discours à ses soldats en 2003 : « Il y a des trous du cul dans ce monde qu'il faut juste tuer ». Après une enquête du département de la Défense qui met en exergue des mauvais traitements à l'encontre des civils par des soldats américains, Mattis déclare aux Marines américains en mai 2007 : « Chaque fois que vous montrez de la colère ou du dégoût envers les civils, c'est une victoire pour Al-Qaïda et les autres insurgésn.» et les exhorte à faire preuve de respect envers les civiles et de retenue dans l'utilisation de la force. Mattis popularise également la devise de la 1re division des Marines « no better friend, no worse enemy », une paraphrase de la célèbre épitaphe du dictateur romain Sylla, dans sa lettre ouverte à tous les hommes de sa division pour leur retour d'Irak. Cette phrase est largement reprise au cours de l'enquête sur la conduite du lieutenant Ilario Pantano, un commandant de peloton servant sous le commandement de Mattis et accusé du meurtre de deux prisonniers irakiens.

Durant son commandement en Irak, Mattis n'a pas hésité à relever de leur fonction des officiers à une période où l'armée américaine semblent incapable ou peu disposée à remplacer les officiers peu performants ou incompétents. Notamment lors de la poussée sur Bagdad, Mattis relève le commandant du 1er régiment des Marines (en), le colonel Joe D. Dowdy ; un événement rare dans l'armée moderne qui fait la première page des journaux. Mattis a refusé de commenter publiquement la question autrement qu'en précisant que cette pratique demeure vivante, ou du moins « nous le faisons dans les Marinesn». Des interviews ultérieures des officiers et des hommes de Dowdy révèlent que le colonel a été condamné en partie car il donnait priorité à ses hommes alors que Mattis insistait pour que la mission — la prise de Bagdad — soit exécutée rapidement. Après avoir été promu lieutenant-général, Mattis prend le commandement du Marine Corps Combat Development Command. Le 1er février 2005, parlant ad libitum lors d'un forum à San Diego, il dit : « En Afghanistan, vous avez des gars qui tapent les femmes pendant cinq ans parce qu'elles ne portent pas de voile. Vous savez, des gars comme ça, n'ont aucune virilité. C'est donc très amusant de les tuer. En fait, c'est un grand plaisir de se battre. Vous savez, c'est vraiment drôle. C'est amusant de tirer sur certaines personnes. Je vais être franc avec vous, j'aime me bagarrern. ». Les remarques de Mattis suscitent des controverses ; le général Michael Hagee (en), commandant du corps des Marines, publie une déclaration suggérant que Mattis aurait dû choisir ses mots plus attentivement, mais qu'il ne serait pas sanctionné.

Le Pentagone annonce le 31 mai 2006 que le lieutenant-général Mattis est choisi pour prendre le commandement de la I Marine Expeditionary Force (MEF), basée au camp de Pendleton. Le 11 septembre 2007, le secrétaire à la Défense, Robert Gates, annonce que le président George W. Bush va proposer la promotion de Mattis au grade de général afin de lui attribuer le commandement de la United States Joint Forces Command (JFCOM) à Norfolk, en Virginie. L'OTAN accepte de nommer Mattis comme commandant suprême du Commandement allié Transformation (SACT).  Le 28 septembre 2007, le Sénat des États-Unis confirme la nomination de Mattis et ce dernier laisse le commandement de la MEF le 5 novembre 2007 au lieutenant-général Samuel Helland. Mattis est officiellement promu général quatre étoiles et prend le contrôle du JFCOM/SACT le 9 novembre 2007. Il laisse le poste de SACT au général français Stéphane Abrial le 9 septembre 2009, mais conserve le commandement du JFCOM. Au début de 2010, Mattis est sur la liste des généraux des Marines pressentis pour remplacer James T. Conway en tant que commandant du corps des Marines des États-Unis. En juillet, il est recommandé par le secrétaire à la Défense, Robert Gates, pour remplacer David Petraeus comme commandant de la United States Central Command (CENTCOM), avant d'être formellement nommé par le président Barack Obama le 21 juillet. Sa confirmation par le Comité des forces armées du Sénat des États-Unis marque la première fois qu'un Marines occupe le poste de commandant d'un Unified Combatant Command. La cérémonie de prise de commandement se déroule à la base aérienne de MacDill le 11 août. En tant que chef du CENTCOM, Mattis supervise les guerres en Irak et en Afghanistan et il est responsable d'une région qui comprend également la Syrie, l'Iran et le Yémen. L'administration d'Obama ne se montre pas particulièrement confiante envers Mattis, car il est perçu comme favorable à une confrontation militaire avec l'Iran. Il prend sa retraite du Corps des Marines le 22 mai 2013.

Depuis sa retraite de l'armée, Mattis travaille pour FWA Consultants et fait également partie du conseil d'administration de General Dynamics. Depuis août 2013, il est membre et professeur invité à la Hoover Institution. Mattis est également membre depuis 2013 du conseil d'administration de la société de biotechnologie de la Silicon Valley, Theranos dont les pratiques ont été critiquées et qui se retrouve sous le coup d'une enquête fédérale. En décembre 2015, Mattis rejoint le conseil consultatif de Spirit of America (charity), une organisation à but non lucratifn. 9 qui fournit une assistance aux Américains servant en Afghanistan, en Irak et en Afrique et qui viennent en aide aux habitants de ces régions. Il est le co-auteur du livre Warriors & Citizens : American Views of Our Military avec Kori Schake, publié en août 2016. En décembre 2016, Donald Trump annonce son intention de le nommer secrétaire à la défense de sa future administration. Comme il a quitté l'armée depuis moins de sept ans, il doit toutefois obtenir une autorisation particulière du Congrès avant de pouvoir entrer en fonction. Il devient secrétaire et membre du cabinet le 20 janvier 2017.

Mattis pense que l'Iran est la principale menace pour la stabilité du Moyen-Orient, devant Al-Qaïda et l'État islamique. Il avance ainsi : « Je considère l'État islamique comme rien de plus qu'une excuse pour l'Iran pour continuer son méfait. L'Iran n'est pas un ennemi de l'État islamique, ils ont beaucoup à gagner à la tourmente dans la région que l'État islamique crée. Pour ce qui est de l'accord nucléaire avec l'Iran, bien qu'il considère qu'il s'agit d'un accord médiocre, il croit qu'il n'existe actuellement aucun moyen de le déchirer en disant: « Nous allons simplement reconnaître que nous avons un accord imparfait sur le contrôle des armements. Ce que nous avons accompli, c'est une pause nucléaire, et non un arrêt nucléaire ». Mattis soutient que les inspections nucléaires pourraient ne pas empêcher l'Iran de chercher à développer des armes nucléaires, mais que «si rien d'autre, au moins nous aurons de meilleures données de ciblage s'il s'agit d'une lutte à l'avenir ». Il critique le président Barack Obama d'être naïf à propos des intentions iraniennes et le Congrès pour être « à peu près absent » sur l'accord nucléaire. La presse a spéculé sur l'éventualité que les vues de Mattis sur l'Iran auraient été la raison pour laquelle il a été renvoyé par le président Obama.

Mattis loue l'amitié des alliés américains régionaux tels que la Jordanie et les Émirats arabes unis. Il a critiqué Barack Obama et Donald Trump, ainsi que la stratégie de défense actuelle comme donnant « la perception que nous éloignons » des alliés américains. Il insiste sur la nécessité pour les États-Unis de renforcer leurs liens avec les services de renseignement alliés, en particulier les services de renseignement de la Jordanie, de l'Égypte et de l'Arabie saoudite. En 2012, Mattis a plaidé pour fournir des armes aux rebelles syriens, comme un moyen de lutter contre les alliés iraniens en Syrie. Lors d'une conférence parrainée par The Heritage Foundation à Washington en 2015, Mattis a déclaré qu'il croyait que l'intention du président russe Vladimir Poutine était de « briser l'OTAN ». Mattis s'est aussi exprimé contre ce qu'il décrit comme étant les politiques expansionnistes ou belliqueuses de la Russie en Syrie, en Ukraine et dans les pays baltes. Mattis pense également que les déclarations conciliatrices de Donald Trump envers la Russie sont mal informées.

Tag(s) : #Militaires, #Personnalités Politiques

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