Human Rights Watch (HRW)

Publié le par Mémoires de Guerre

Human Rights Watch (HRW) est une organisation non gouvernementale internationale qui se donne pour mission de défendre les droits de l'homme et le respect de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Cette organisation déclare militer notamment pour la liberté de la presse, l'abolition de la peine de mort et de la torture mais aussi pour le respect de l'ensemble des droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels, en particulier dans les domaines de l'éducation et du logement. Elle intervient également dans les conflits, dénonçant entre autres les crimes de guerre ou le trafic d'armes. Human Rights Watch demande l'arrêt des crimes commis par les gouvernements ou les groupes rebelles, dans le cadre de guerres internes.

Human Rights Watch (HRW)

Human Rights Watch publie chaque année un rapport rendant compte de la situation des droits de l'homme et mène des enquêtes régulières et systématiques sur les violations des droits de l'homme dans plus de 60 pays et territoires. Son siège se trouve à New York, aux États-Unis et possède plusieurs bureaux dans de nombreuses métropoles dans le monde. Si l'organisation est critiquée quant à son indépendance et la façon dont elle mène certaines missions, ses rapports sont souvent repris par la presse. L'un des ancêtres de HRW, Helsinki Watch, fut fondé en 1978, avec à l'époque deux employés, pour vérifier que l'Union soviétique respectait les Accords d'Helsinki. Des organisations qui avaient été créées pour surveiller le respect des droits de l'homme dans d'autres régions du monde (Americas Watch en 1981, Asia Watch en 1985, Africa Watch en 1988 et Middle East Watch en 1989), fusionnèrent en 1988 avec Helsinki Watch pour former Human Rights Watch.

Human Rights Watch est membre de l’International Freedom of Expression Exchange (IFEX), un réseau virtuel mondial d’ONG qui surveille les violations à la liberté d’expression et organise, fédère ou relaie les campagnes conjointes ou organisées par ses membres, pour la défense des journalistes, écrivains et d’autres personnes persécutées du fait de leur implication dans des activités liées à la liberté d’expression. Human Rights Watch a obtenu en 1997 le prix Nobel de la paix en tant que membre de la Campagne internationale pour l'interdiction des mines antipersonnel. En 2013, l'ONG comprend 360 employés, dans 90 pays, soutenus « par des comités de soutien comptant des journalistes, des procureurs, des ténors du barreau, des diplomates, des artistes… ». Human Rights Watch est impliquée dans la lutte contre les activités et problèmes sociaux suivants :

  • trafic d'armes
  • utilisation de mines anti-personnel
  • utilisation d'armes à sous-munitions
  • travail des enfants
  • enrôlement d'enfants soldats
  • torture
  • génocides, crimes de guerres et crimes contre l'humanité
  • extraordinary rendition
  • trafic d'êtres humains

Elle lutte également pour la globalisation des causes suivantes :

  • légalisation de l'avortement
  • droits humains des LGBT
  • droits des malades atteints du SIDA
  • sécurité des civils en temps de guerre
  • droits des femmes
  • droits des migrants
  • aide aux Roms
  • aide aux enfants des rues
  • liberté de la presse
  • abolition de la peine de mort

Le directeur exécutif de Human Rights Watch est l'Américain Kenneth Roth, un ancien procureur des États-Unis pour le sud de l'État de New York. L'actuel président du conseil d'administration est le rédacteur en chef de la revue Foreign Affairs, James F. Hoge Jf. Pour l'année fiscale finissant en juin 2013, HRW a déclaré avoir perçu 70 millions de dollars US de dons. HRW affirme qu'elle n'accepte aucun financement provenant directement ou indirectement de gouvernements et que les contributions sont toutes issues de particuliers, de fondations, et selon des critères précis, d'entreprises privées. Selon l'association NGO Monitor, en 2007-2008 HRW a reçu 987 818 dollars de l'association caritative néerlandaise Oxfam Novib, laquelle finance la majeure partie de son budget grâce au gouvernement hollandais. Cela ne cadre pas avec le fait que HRW déclare n'accepter aucun financement direct ou indirect de la part de gouvernements. 

La Fondation Gere, créée par l'acteur américain Richard Gere, cite HRW dans la liste des organismes qu'elle aide par des subventions au titre de leur travail dans le domaine des droits humains en particulier en Chine et au Tibet. Human Rights Watch publie des rapports sur de nombreux thèmes ainsi qu’un Rapport Mondial qui présente chaque année un panorama de l’état de droits humains dans le monde. Ce rapport est publié par Steven Stories Press depuis 2006 ; la plus récente édition, Rapport Mondial 2014, est parue en février 2014. Ces rapports font souvent autorité et sont, selon le journaliste Victor Koscher, « pour les médias indépendants une source précieuse ». L'indépendance de HRW est contestée dans certains milieux politiques et journalistiques. Ainsi, la revue de l'essayiste et polémiste américain Lyndon LaRouche, Executive Intelligence Review, qualifie l'ONG de « boîte financée par Soros » (Soros-funded outfit), George Soros étant un milliardaire américain impliqué dans des entreprises de déstabilisations politiques. Le journaliste néerlandais Paul Treanor affirme que HRW est « une entreprise conjointe de George Soros et du ministère américain des affaires étrangères ». L'organisation elle-même annonçait en 2010 avoir reçu 100 millions de dollars de George Soros via l'Open Society Institute (à raison de 10 millions de dollars par an sur 10 ans). Cette aide lui aurait notamment permis d'agir dans le cas de la crise ivoirienne de 2010-2011.

HRW a également été accusée de diffuser des données faussées sur la situation des droits humains au Rwanda, en Érythrée et en Éthiopie. L’ONG a été accusée d'avoir été influencée par la politique étrangère des États-Unis, en particulier vis-à-vis de l’Amérique latine. Pour le directeur du Center for Economic and Policy Research, Mark Weisbrot, HRW « s’aligne au centimètre près sur la politique étrangère des États-Unis en Amérique latine ». Il est par exemple reproché au directeur exécutif de la division « Amériques » de l’organisation, José Miguel Vivanco, des propos contre les présidentes brésilienne Dilma Roussef et argentine Cristina Fernández de Kirchner, mais également d'avoir peu réagi lors des coups d’État contre les présidents hondurien Manuel Zelaya en 2008 et haïtien Jean-Bertrand Aristide en 2004. Dans le conflit israëlo-palestinien, HRW a été accusée de reportages déséquilibrés en défaveur d’Israël selon notamment Jonathan Cook. Ainsi, quand Human Rights Watch traite des opérations militaires israéliennes contre le Hezbollah au sud du Liban en 2006, le directeur national de la Anti-Defamation League, Abraham Foxman (en), critique l'« immoralité » de Human Rights Watch. Alan Dershowitz, professeur de droit, écrit dans The Jerusalem Post : « Quand il s’agit d’Israël et de ses ennemis, HRW manipule les faits, triche sur les interviews et met en avant des conclusions prédéterminées qui sont dictées plus par l’idéologie que par les faits ».

Le bureau du Premier ministre israélien a également dénoncé Human Rights Watch après son rapport concernant l'opération Plomb Durci, déclarant que « les rapports de ces organisations sont une tentative pour porter atteinte au droit légitime d'Israël à se défendre », et a souligné que l'ONG levait des fonds auprès des Séoudiens. Prenant la défense de l'organisation dans The Jerusalem Post, le journaliste israélien Larry Derfner a déclaré qu'elle avait démontré son impartialité dans ses nombreux rapports sur les atteintes aux droit de l'homme à travers le monde, notant par exemple que Human Rights Watch avait également dénoncé des arrestations, détentions, tortures, mutilations, exécutions extrajudiciaires attribuées à des membres des forces de sécurité du Hamas. Human Rights Watch conteste également les accusations dont elle est l'objet. En août 2009, Iain Levine, son directeur des programmes, déclare que « Si le gouvernement israélien veut faire taire les critiques, il ferait mieux d'enquêter sérieusement sur les accusations de comportements criminels et de prendre des mesures pour y mettre fin ». Kenneth Roth, son directeur exécutif, publie un éditorial dans The Jerusalem Post en août 2009, constatant que les rapports récents sur les violations israéliennes des droits de l'homme ont mené à une « campagne intense de la part du gouvernement israélien et des organisations qui le soutiennent inconditionnellement, s'en prenant au messager et changeant le sujet de discussion ». Roth ajoute que « le problème n'est pas le messager qui rend seulement public des rapports sur les abus comme le juge Goldstone ou les organisations de défense des droits humains » mais « la conduite des forces armées israéliennes ».

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