Rousselet André

Publié le par Mémoires de Guerre

André Rousselet, né le 1er octobre 1922 à Nancy et mort le 29 mai 2016 à Paris, est un haut fonctionnaire, homme politique et chef d'entreprise français.

Rousselet AndréRousselet André

Magistrat de formation, devenu sous-préfet et député, il a été le propriétaire du groupe Taxis G7 et l'un des fondateurs en 1984 de la chaîne à péage Canal+. Son père, Marcel Rousselet (1893-1982), fut un magistrat et juriste reconnu, premier président de la cour d'appel de Paris de 1950 à 1962. Magistrat de formation, André Rousselet est repéré par l'entourage de François Mitterrand en tant que « talentueux sous-préfet », atterri « par hasard » comme il dira lui-même. Il devient chef de cabinet adjoint de celui-ci, nommé ministre de l'intérieur du gouvernement Pierre Mendès France (juillet 1954-février 1955). C'est le premier pas d'une longue fidélité au futur président. Il le suit au ministère de la justice, comme chef de cabinet, sous le gouvernement Guy Mollet. À l'arrivée du général de Gaulle, il démissionne de l'administration, et entre au service des relations extérieures chez Simca.

En 1960, il devient propriétaire de la G7, l'une des toutes premières compagnies de taxis parisiens, elle même filiale de Simca. Il la modernise, puis lui adjoint de nouvelles activités au sein de l'actuel GROUPE G7. À partir de 1965, lors de chaque campagne présidentielle de François Mitterrand, il se charge de rassembler les financements nécessaires à son organisation, nottament lors des campagnes présidentielles de 1974 et de 1981. Le 12 mars 1967, il est élu député FGDS de la Haute-Garonne et siège à l'Assemblée nationale jusqu'à sa défaite, le 30 juin 1968. En 1981, il reste une année à l'Élysée en tant que directeur de cabinet avant de prendre en 1982 la direction de Havas. André Rousselet était un proche de François Mitterrand, dont il a été l'exécuteur testamentaire et l'un des rares à l'époque à connaître l'existence de Mazarine, la fille cachée du président. Il était un passionné d'art contemporain et un collectionneur averti. Il est mort à son domicile parisien.

Le 4 novembre 1984, avec l'appui de François Mitterrand, qui a la conviction que le paysage audiovisuel est « fermé », André Rousselet participe à la fondation de la chaîne Canal+. La grande liberté de ton (« l'esprit Canal »), alliée au succès progressif de cette première chaîne à péage du paysage audiovisuel français agace rapidement le monde politique, et surtout la droite, dira-t-il. Michel Denisot déclare à son sujet : « C'était un visionnaire, un créateur d'entreprise qui avait une longue vue et la création de Canal +, à l'époque, c'était avoir vingt ans d'avance, donc on lui doit beaucoup ». Malgré des débuts difficiles, et devant faire face à des pertes financières qui iront jusqu'à menacer l'existence de la chaîne, celle-ci devient progressivement un succès, grâce notamment à l'intervention de François Mitterrand.

En 1994, il doit quitter de la présidence de Canal+ quand un nouveau pacte d'actionnaires, conclu entre Havas, la Compagnie générale des eaux et la Société générale, met Canal + pratiquement sous tutelle. Il crie à la manœuvre politique menée par Édouard Balladur, alors premier ministre de François Mitterrand, par un article vengeur dans Le Monde intitulé « Édouard m'a tuer » (en référence à l'affaire Marchal et au graffiti « Omar m'a tuer »). Après son éviction de Canal+ à l'été 1994, il prend la majorité du capital du quotidien nouvellement créé, InfoMatin. Après une centaine de millions de francs de pertes, des conflits incessants avec les journalistes et le refus de la rédaction de mettre en place une version rénovée, il dépose le bilan du journal qui disparaît en janvier 1996.

En 2008, il retrace la création de Canal+ dans un entretien publié dans l'ouvrage de Josepha Laroche et Alexandre Bohas, Canal+ et les majors américaines : une vision désenchantée du cinéma-monde. En 2012, lors de l'émission Des paroles et des actes sur France 2, Nicolas Sarkozy évoque la proximité entre André Rousselet et François Mitterrand pour expliquer sa relation avec Vincent Bolloré, ce à quoi André Rousselet répond en accusant le président sortant de « travestir la vérité délibérément ». André Rousselet a eu trois enfants : Évelyne, Nicolas et Philippe.

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