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L'Insurrection de Varsovie (du 1er août au 2 octobre 1944) fut un soulèvement armé contre l'occupant allemand organisé par la résistance polonaise (Armia Krajowa) dans le cadre du plan militaire national "Action Tempête" (Burza en polonais). Il s'accompagna de la sortie de la clandestinité des structures de la Résistance et de l'État clandestin ainsi que de l'établissement des institutions de l'État polonais sur le territoire de Varsovie libre.

Le général SS StroopLe général SS Stroop

Le général SS Stroop

Côté militaire, le soulèvement a été dirigé contre les forces allemandes, mais le but de ce plan était l'ultime essai de préserver la souveraineté de la Pologne face à l'avancée de l'Armée rouge et la position ambiguë des Alliés occidentaux vis-à-vis des intentions de l'Union soviétique. Les armées soviétiques ont franchi l'ancienne frontière polonaise en janvier 1944 et en juillet s'approchent de Varsovie. Dans cette situation, la résistance polonaise est placée devant la décision de déclencher le soulèvement pour pouvoir accueillir les libérateurs en position de force. L'urgence d'une action spectaculaire devient claire après quelques tentatives de collaboration militaire avec l'Armée rouge dans la libération des villes polonaises. Par exemple à Wilno où, après la prise de la ville, le NKVD, qui suivait le front, emprisonna les résistants conviés à célébrer la victoire avec leurs frères d'armes, pour les exécuter sommairement ou pour les envoyer aux goulags.

Les Soviétiques en avançant sur le territoire de la Pologne commencèrent à organiser les structures politiques en s'appuyant sur leurs affidés, les communistes polonais qui avant la guerre n'étaient pas une force politique significative dans le pays. À la suite de la découverte du charnier des officiers polonais massacrés par le NKVD à Katyn, le Gouvernement polonais en exil a rompu ses relations diplomatiques avec Staline responsable de ce crime sur les prisonniers de guerre, il n'est donc pas partie dans les négociations entre les grands Alliés. (Yalta donnera raison à cette méfiance vis-à-vis de la position des Alliés britanniques et américains face à Staline.). Dès le début de son existence, l'Armia Krajowa fomente un soulèvement armé national contre les forces allemandes. Les plans initiaux de 1942 créés par le gouvernement polonais en exil supposent que l'invasion alliée de l'Europe mènerait les forces allemandes à dégarnir le front de l'est pour la défense du Troisième Reich. L'Armia Krajowa souhaitait déclencher un tel soulèvement pour empêcher l'envoi vers l'ouest de troupes et ainsi permettre aux forces britanniques et américaines de battre l'Allemagne, en brisant toutes liaisons avec la majorité de forces allemandes amassées en Union soviétique.

Le déclenchement de l'insurrection ne fit pas l'unanimité des dirigeants civils et militaires polonais. Les généraux Anders et Sosnkowski étaient opposés au déclenchement d'une insurrection générale, en opposition avec le premier ministre Mikołajczyk et Raczkiewicz ; des projets contradictoires de télégrammes destinés au général Bór-Komorowski furent rédigés et plusieurs fois modifiés. Ainsi, le général Sosnkowski, en tournée d'inspection du Deuxième corps polonais combattant en Italie aux côtés des Alliés, écrit au chef d'état-major polonais à Londres : « Au général Kopański, chef de l'état-major, télégramme du 30 juillet 1944 (extraits) : Conformément à mon télégramme no 1967 du 27 juillet, je prends le chemin du retour le 1er août. J'annule une grande partie de mon programme d'inspection, et les conversations importantes prévues avec le général Alexander, chez lequel je devais passer quelques jours, je renonce à mon entretien avec le général de Gaulle, etc. Je le répète encore une fois : je suis catégoriquement opposé, dans les conditions actuelles, à une insurrection générale dont le résultat serait, par la force des choses, l'échange d'une occupation par une autre.

Le Conseil des Ministres ne devrait pas délibérer au sujet d'une insurrection, sans connaître ni ce qu'ont été les conversations de Moscou, ni leurs résultats. Je n'ai pas reçu de vous, mon général, de rapport sur les réunions du gouvernement auxquelles vous avez pris part, en ce qui concerne particulièrement, le programme et le but du voyage à Moscou. » Plus tard, après les premiers combats dans Varsovie le 1er août 1944, le général Anders écrit à nouveau au chef d'état-major, le général Kopański : « Je considère personnellement la décision du Commandement de l'Armée de l'Intérieur comme un malheur. » Durant le début de l'été 1944, les responsables polonais du gouvernement en exil à Londres mènent des pourparlers avec les responsables du comité polonais soutenu par les Soviétiques, installé à Lublin depuis la conquête de la ville, mais, en dépit ces échanges, tiennent les Soviétiques et le comité de Lublin dans l'ignorance des préparatifs de l'insurrection. À ces réserves formulées par les responsables polonais, s'ajoute la parfaite connaissance, par les occupants allemands, des intentions de la direction de la résistance intérieure polonaise, au moins depuis le 20 juillet.

Ainsi, en dépit de la proximité du front, les responsables militaires allemands décident de maintenir dans la ville un certain nombre d'unités combattantes, et de les renforcer, les concentrer autour de la ville afin d'empêcher la jonction des unités insurgées avec les armées soviétiques parvenues sur la rive droite de la Vistule, tout en donnant le maximum de publicité aux transferts de troupes en direction du front. De même, le succès défensif remporté par Model dans les derniers jours du mois de juillet et dans les premiers jours du mois d’août 1944, scelle, dès avant le début de l'insurrection, l'échec de l'insurrection, en bloquant les perspectives d'approvisionnement de la ville insurgée par la terre6. Dans le contexte de préparation de cette contre-offensive, sont ainsi concentrées dans le secteur Varsovie de nombreuses unités importantes de la Wehrmacht et des SS

De plus, la Vistule constitue une coupure majeure entre les Soviétiques et les Polonais : à partir de la défaite soviétique dans les faubourgs orientaux de la ville, Staline exclut de prendre rapidement la ville et préfère planifier, sur les conseil des commandants de "fronts", le renforcement progressif des têtes de pont de part et d'autre de la ville. Dans le district de Varsovie, l'AK compte environ 50 000 soldats dont 23 000 équipés et prêts au combat. Les unités manquent d'armes et de munitions, en particulier après les avoir en partie transférées vers les forces à l'est, où le plan Tempête devait initialement être déclenché – la décision d'inclure Varsovie dans cette action militaire ne fut prise que le 21 juillet. Mis à part les soldats de l'"Armia Krajowa", d'autres se sont portés volontaires y compris un certain nombre de Juifs rescapés de l'insurrection du ghetto de Varsovie

Pro-gouvernement polonais en exil :

  • Armia Krajowa, AK (Armée de l’Intérieur) – env. 50 670 combattants
  • Pluton Głuchoniemych AK, l'unique peloton des sourds polonais

Pro-Union soviétique:

  • Armia Ludowa, AL (Armée populaire, communiste) – env. 800 combattants

Autres :

La garnison allemande engagée au début de l'insurrection de Varsovie est de 16 000 hommes

 

Warsaw, Poland, Jürgen Stroop escorted by SS and police officers, during the suppression of the Ghetto Uprising, April 1943

Warsaw, Poland, Jürgen Stroop escorted by SS and police officers, during the suppression of the Ghetto Uprising, April 1943

Le soulèvement commence à 17 h 00 (l'heure W) le 1er août 1944 par l'explosion d'une bombe dans le quartier général de la Gestapo. Certains considèrent ce début des combats durant la journée comme une erreur. Même si les Allemands n'ont pas remarqué d'activité militaire extraordinaire et n'ont pas élaboré de plans pour contrecarrer les résistants, ils ont reçu des informations une heure avant le début des hostilités et ont réussi à partiellement organiser la réponse. Le manque d'effet de surprise associé au manque d'expérience des insurgés dans les combats en plein jour contribuent à la faillite de la prise d'un certain nombre de cibles stratégiques. Les deux premiers jours de l'insurrection se révèlent capitaux pour la suite des combats puisque la ligne de front établie dans la ville a déterminé le déroulement de la bataille.

Les plus gros succès militaires sont accomplis dans le Centre, dans la vieille ville et dans une partie du quartier Wola où presque l'ensemble des objectifs est atteint, confirmant que cette bataille serait un gigantesque combat urbain. À Wola, les Allemands tiennent néanmoins toujours les places fortifiées et les fortes pertes obligent les insurgés à battre en retraite. Dans les autres parties de la ville, comme à Mokotów, les résistants ont presque complètement manqué leurs objectifs. Sur la rive droite de la Vistule (partie est de Varsovie), la concentration en troupes allemandes se révèle si forte que les résistants se voient rapidement contraints de regagner les cachettes. Les unités locales n'ont pas réussi à garder de liens, aussi les sections combattent isolément, empêchant une coordination polonaise des combats au niveau de la ville.

Après quelques heures de combats, la plupart des unités adopte une tactique plus défensive tandis que la population civile érige les barricades dans toute la ville. Le jour des plus grands succès militaires des résistants, le 4 août, a été aussi le jour de l'envoi des renforts nazis. Le général SS Erich von dem Bach se voit nommé commandant et aussitôt, élabore, puis lance rapidement une contre-attaque destinée à relier les poches de résistance allemande dans la ville et couper les insurgés de la Vistule. Le 5 août a été marqué par la reprise des terrains de l'ancien ghetto et par le massacre de Wola où les nazis exécutent environ 50 000 civils dans des scènes d'une rare sauvagerie. La stratégie allemande consiste à saper le moral des combattants polonais pour reprendre la ville sans avoir à engager de combats de rue : jusqu’à fin septembre, chaque combattant capturé était exécuté sur place. Les vols et viols sur les civils constituent la règle. Hôpitaux et hôpitaux de campagne sont anéantis, les blessés achevés sur place et les soignants fusillés ou mitraillés. Plus tard, cette stratégie évolue, le commandement allemand ayant conclu qu'elle renforçait la détermination des résistants. Ainsi, vers la fin de septembre les insurgés capturés commencent à être traités comme des prisonniers de guerre.

Le 7 août le corps punitif renforcé par l'arrivée des compagnies panzer engage des combats dans la ville (la population civile est alors utilisée comme bouclier humain dans les offensives allemandes). Les Allemands cherchent des succès spectaculaires afin de montrer à l'AK que la poursuite des combats est inutile. Néanmoins, ils échouent à reprendre rapidement les quartiers aux mains des résistants. Entre le 9 et le 18 août, les combats font rage. La Vieille Ville tient jusqu’à la fin du mois d'août. Le 2 septembre les combattants de la vieille ville passent par les égouts pour se retirer dans les autres parties de la ville. Quelques bastions (notamment la Grand-Poste, place Napoléon, au centre-ville) sont défendus par les insurgés jusqu'à la capitulation. Le réseau des égouts a été largement utilisé par les insurgés pour effectuer tous types de déplacements, principalement destinés à maintenir les liens entre les unités. La tactique allemande au cours de l'insurrection est basée sur les bombardements aériens en piqué et d'artillerie (mortier géant Thor tirant des obus de 2 200 kg) – les insurgés ne disposant pas d'armes lourdes ne sont pas en capacité de riposter.

L'Armée rouge arrive à la rive est de Varsovie le 10 septembre au terme de l'Opération Bagration de pertes considérables et avec des unités mécanisées en piteux état. Au sein des armées soviétiques qui arrivent ce jour-là au bord de la Vistule, il y a la première Armée polonaise (de l'Armée populaire formée par les Soviétiques). Un coup de main est tenté, mais échoue rapidement en raison de la résistance allemande et du manque de coordination entre les unités polonaises déployées avec l'Armée Rouge et les insurgés dans la ville9. Sur ordre du général Zygmunt Berling, certaines unités, de l’effectif d’un bataillon, traversent le fleuve à partir du 14 septembre, jour où la totalité de l'Est de la ville est libérée de toute présence allemande5 et opèrent leur jonction avec des éléments de l'AK. Mais ces unités peu soutenues sont tenues en échecs par les Allemands, qui réduisent facilement les tête de pont conquises à partir du 14, obligeant ces unités à se replier sur la rive droite du fleuve le 24 septembre. À la suite de cette opération, le général Zygmunt Berling fut relevé du commandement de la 1re Armée.

Au début, cette situation inquiète les nazis, mais très rapidement ils comprennent que les Soviétiques leur laissent les mains libres pour achever la résistance polonaise dans la ville. Le soulèvement a reçu un soutien limité des Alliés occidentaux sous la forme de parachutages d'armes et d'autre matériel (la RAF et ses escadrilles polonaises ont effectué 223 missions et ont perdu 34 avions), mais l'effet de ces vols a été plus psychologique que militaire, en tout, les insurgés devaient récolter quarante tonnes de parachutages sur toute l'insurrection. Les avions devaient effectuer des rotations depuis des bases situés en Italie, les Soviétiques n'ayant pas autorisé les appareils dévolus à ces missions de soutien à utiliser les pistes qu'ils contrôlaient en Pologne : l'usage de l'aérodrome de Poltava leur est ainsi interdit5 ils ont même tiré sur et abattu certains avions des Alliés. Il est à noter que la RAF — qui avait agi sur ordre personnel de Churchill — cessa rapidement ses raids en raison de pertes trop élevées (85 % des effectifs engagés perdus sur les 6 missions effectuées), seuls continuèrent à ravitailler Varsovie les pilotes polonais et deux escadrons de pilotes sud-africains du Moyen-Orient — qui jouissaient d'une certaine indépendance — furent autorisés à continuer les dangereuses missions.

Les Américains, devant la réserve de Staline par rapport au soulèvement de Varsovie, n'ont presque pas fourni d'aide. À partir du moment où l'hostilité des armées soviétiques apparut clairement aux combattants polonais, l'insurrection fut considérée comme un échec. La capitulation des insurgés fut signée le 2 octobre par le général Tadeusz Bór-Komorowski. La veille, à 20 heures, la radio de Varsovie lançait son dernier message au reste du monde, c'est une voix déchirée et coupée de sanglots qui prononça ces paroles : « Voilà la sombre vérité — nous avons été traités pire que les satellites d'Hitler, pire que l'Italie, pire que la Roumanie, pire que la Finlande... Dieu qui est juste, dans sa toute-puissance châtiera la terrible injure faite à la nation polonaise et il punira tous les coupables... » Les combattants de l'Armia Krajowa ne sont pas secourus par les Soviétiques épuisés par une avancée spectaculaire en Biélorussie et en Pologne orientale8 et sonnés par la défaite infligée par Model aux unités blindés soviétiques à proximité des faubourgs orientaux de la ville10, mais une pression politique des Alliés occidentaux sur Staline fait aussi cruellement défaut. De plus, la planification stratégique soviétique ne place pas Varsovie en tête des priorités militaires pour l'Armée Rouge au mois de juillet 19447. Cependant, la direction militaire soviétique prévoit la prise de la ville par un mouvement de tenaille, afin notamment d'économiser des troupes soviétiques et du matériel en leur épargnant la conquête de la ville par une attaque frontale

Les responsables soviétiques ne sont informés du déclenchement de l'insurrection par les médias alliés que le 3 août, alors que des négociations se déroulent à Moscou depuis le 31 juillet à Moscou entre les représentants du gouvernement de Londres et les communistes polonais. En effet, l'attitude des Américains et des Britanniques vis-à-vis du Gouvernement polonais en exil à Londres est de plus en plus dépendante des relations avec le nouveau puissant allié soviétique. Ainsi, à partir du 16 août, devant le refus du premier ministre polonais Stanisław Mikołajczyk de reconnaître le comité de Lublin, Staline fait connaître son refus d'aide aux insurgés, puis, devant les pressions internationales, se résout à des demi-mesures tardives au début du mois de septembre. Deux officiers de liaison soviétiques sont parachutés le 16 août (ils communiqueront avec Moscou avec les moyens radio des insurgés). Le 14 septembre, les Soviétiques procèdent à des parachutages d’approvisionnements ; mal préparés, les parachutes ne s'ouvrent pas et les conteneurs s’écrasent au sol. Les Américains, sur l'insistance de Churchill, font larguer des approvionnements par 104 bombardiers lourds le 18 septembre.

Le sentiment d'abandon, voire de trahison, de la part des Alliés a été bien dépeint dans l'ordre du 1er septembre 1944 du Chef Suprême des Armées polonaises à Londres (le général Kazimierz Sosnkowski) à l'occasion du cinquième anniversaire du début de la Seconde Guerre mondiale (ordre no 19) : « Cinq ans sont passés depuis le jour où la Pologne, avec l'encouragement et les garanties du gouvernement britannique, se lança dans le combat contre la puissance allemande (…) Aujourd'hui, depuis un mois les combattants de l'Armia Krajowa ensemble avec le peuple de Varsovie, saignent en solitaires sur les barricades dans la lutte inégale avec un adversaire surpuissant. (…) Le peuple de Varsovie, a été laissé à lui-même sur le front de la guerre commune contre les Allemands – voici la tragique et monstrueuse énigme, laquelle nous Polonais, n'arrivons pas à déchiffrerN 3 dans le contexte de la supériorité technique des Alliés cette cinquième année de la guerre. (…) Les experts nous expliquent que l'aide à Varsovie est techniquement difficile, on nous fait la leçon d'optimisation des coûts et des profits. Si compter il faut, alors souvenons-nous que les pilotes de chasse polonais durant la Bataille d'Angleterre ont perdu plus de 40 % d'hommes - 15 % des avions ont été perdus durant les essais visant à porter de l'aide à Varsovie. (…) Si les habitants de la capitale polonaise devaient périr sous les ruines, si la passivité, l'indifférence ou le calcul froid les aient laissés se faire massacrer – alors sur la conscience du monde pèserait un poids de souffrance horrible inédit dans l'histoire. »

Les combattants polonais résistèrent jusqu'au 2 octobre soit 63 jours au total. Les pertes s'élevèrent à 18 000 soldats tués, 25 000 blessés et entre 160 000 et 180 000 civils tués. Du côté allemand 17 000 soldats furent tués et 9 000 blessés. Après leur capitulation, les soldats de l'AK, désarmés, obtinrent in extremis, sur ordre de Hitler, le statut de prisonniers de guerre et furent internés dans le Reich. La population civile, traumatisée et décimée par les épidémies (Il ne restait plus que 350 000 civils vivants à la fin de l'insurrection), fut brutalement évacuée et parquée dans des camps de transit aux portes de la ville (notamment à Pruszków), puis en grande partie déportée, soit vers des camps de concentration, soit vers des camps de travail, les plus faibles étant abandonnés sans ressources. L'ampleur de la bataille de Varsovie s'explique par l'engagement des insurgés qui, jusqu'à la fin septembre, comptèrent sur la progression des armées soviétiques massées en face de Varsovie, sur la rive droite de la Vistule, et sur l'aide aérienne des Alliés occidentaux.

Les Soviétiques ne prennent le contrôle de la ville qu'en janvier 1945, bien après la fin de l'insurrection, quand ils reprennent leurs opérations sur tout le front. Les communistes sont alors tout à fait conscients que les combattants polonais poursuivraient la lutte contre une nouvelle occupation russe, suite logique de l'invasion de la Pologne le 17 septembre 1939 par l'Armée rouge, aux termes du pacte germano-soviétique conclu le 23 août et en coordination avec les forces allemandes. En conséquence, la résistance polonaise constitue un obstacle aux plans soviétiques visant à dominer la région. C'est pourquoi les "libérateurs" n'apportent pas de soutien actif à l'insurrection, bloquant même l'accès aux munitions aux unités polonaises de l'Armée populaire (LWP - alliée de Soviétiques) pour qu'elles n'agissent pas de leur propre initiative face à la tragédie vécue par leurs compatriotes, se déroulant devant leurs yeux sur l'autre rive de la Vistule. Durant les combats environ 25 % de la ville ont été complètement détruits et après la fin des hostilités, sur ordre personnel de Hitler, 35 % supplémentaires ont été systématiquement anéantis. Pendant le bombardement et le siège de la ville en septembre 1939, environ 10 % des bâtiments avaient été détruits et encore 15 % en 1943 à la suite de la liquidation du ghetto de Varsovie. Au total, à la fin de la guerre la ville était rasée à hauteur d'environ 85 %.

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